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[i 562]
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DE LA VILLE DE PARIS.
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mandé prandre les armes, estoient en bon equippage, feist donner sur la mynuit une faulce allarme M et feist sonner le loxin par les eglises ; et environ une heure après, led. sr Connestable alla par les rues visiter les portes Sainct Denis, Sainct Anthoine et autres, et en son chemyn trouva toutes les rues pleines de gens en armes, bien équipez et prestz à combatre, dont led. sr fut fort esbay de les voir si tost prestz.
En ce temps, on gardoit les portes et l'on commençoit à faire le guet par chascune Dixaine.
Eslection de cappitaines, lieutenans et enseignes.
Le xvi" jour de May ensuivant vclxii, le Roy de Navarre envoya en l'Hostel de la ville de Paris lettres patentes pour enjoindre aux cappitaines de lad. Ville et leurs lieutenans de eslire des porte enseignes, caporaulx et sergens de bande, ct à tous les habitans de lad. Ville, tant proprietaires des maisons que chamberlans, qu'ilz eussent à eulx garnir d'armes, faire monstres et reveues, comme il est plus à plain cy devant declairé par lesd. lettres'2', lesquelles ont esté imprimées par Jehan Daillier, libraire, demourant sur le pont Sainct Michel, dont en a esté baillé coppie à chascun cappitaine de lad. Ville.
Pareilles lettres feurent incontinant après envoyées par le Roy, qui ont esté imprimées comme les dessusd., et baillé autant, à chascun cappitaine.
Armée dressée contre les rebelles. En ce temps le Roy, estant à Paris avec Mess™ de son Conseil, le duc de Guise et monseigneur le Con-
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nestable, délibéra de dresser une bonne armée pour chastier les rebelles qui luy detenoient les principalles villes de son royaulme soubz pretexte de la nouvelle religion, et donna ordre en sa ville de Paris, et y establit et laissa pour son Lieutenant et Gouverneur monsr le mareschal de Brissac.
Sc délibéra partir pour faire achemyner son armée droit au Bourg la Royne <3', pour dud. lieu prandre le chemyn d'Orleans.
L'armée a Longjumeau. Le premier jour de Juing oud. an v° lxii, lad. armée arriva à Longjumeau, où elle feist séjour quatre jours, attandant nouvelles de monsr le prince de Condé, espérant tousjours que l'on feroit quelque appoinctement M et qu'on ne passeroit point plus oultre. Mais ayant eu sa responce, partirent dud. Longjumeau et allerent loger a Chastres soubz Montlhery <5\ où ilz feurent autres quatre jours, tousjours esperans bonnes nouvelles d'Orleans.
L'armée à Chastres. Le Roy de Navarre estoit Lieutenant general poulle Roy en son armée et par tout son royaulme de France, et estoit acompaigné de monseigneur le duc de Guise, Grant M° de France, le duc de Montmorency, pair et Connestable de France; mess" les mares-chaulx de Sainct André et de Montmorency tindrenl conseil et délibérèrent de ne plus séjourner qu'ilz ne feussent près dud. Orleans, et allerent au partir de Chastres loger à Estrechi le Larron (°'.
Le CAMP PAR ORDRE.
Le landemain,x° Juing oud. an, l'armée passa au
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O Depuis le départ de la Cour pour Monceaux, tout Paris était en armes, de crainte de surprise parles huguenots, et les gardes des portes avaient été renforcées. Le Journal de l'année i56n (p. io5) donne à cette fausse alarme du i5 mai une cause toule différente; dans la nuit du 16 mai, à 4 heures du matin, dit le chroniqueur, dans une rixe entre deux bateliers, près de la porte Saint-Antoine, l'un d'eux se mit à crier o l'arme; ce cri fut répété soudain dans toute la ville, «toutes les chaines furent tendues par les rues, comme si les huguenots eussent ja été à la porte».
(2) Voir la teneur de ces lettres dans le présent Volume, p. 123.
(3) Le 28 mai, fut placardée dans tous les carrefours "la deliberation que l'on avoit faite du departement du camp, et fut declaré et publié que led. camp marcheroit le xxx de mayn. Effectivement, le dimanche 3i mai, l'armée royale se mit en marche avec les vingt deux pièces d'artillerie qui avaient été amenées le 23 mai en dehors du faubourg Saint-Jacques; ce fut le maréchal de Saint-André qui présida au départ des troupes,en compagnie de M. de Brosses. Le 1" juin, le Roi de Navarre, le Connétable, M. de Guise et nombre de grands seigneurs se rendirent au camp à Longjumeau. (Journal de l'année 156a, p. 110, 111.)
O Catherine de Médicis avait envoyé le 18 mai, à Orléans, le comte de Villars, MM. de Vieilleville, de Givry et Carrouges, afin de «pourchasser quelque appointement-. Ces négociateurs échouèrent dans leur mission et revinrent à Paris le 26 mai. De nouveaux pourparlers furent entamés le 3o mai à Vincennes :«au commencement,, on tenoit la paix pour faite, mais sur le soir tout cet espoir fut soudain rompu-. (Journal de l'année i56a, p. no; Lettres de Catherine de Médicis, 1.1, p. 3i4.)
(-) Suivant le Journal de l'année i56a, p. 112, à la date du 2 juin, le camp devait aller camper à Châtres sous Montlhéry (aujourd'hui Arpajon, Seine-et-Oise, arrondissement de Corbeil, chef-lieu de canton); les montres générales furent passées ce jour entre Longjumeau et Montlhéry.
(-) Etrechy, Seine-ot-Oise, arrondissement et canton d'Etampes.
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